CBD : Définition, origine et démystification

Le cannabidiol ou CBD est un cannabinoïde non-psychotrope qui n’est pas classé comme un stupéfiant. C’est généralement le deuxième principe actif le plus présent dans le cannabis, derrière le THC (tetrahydrocannabinol). Le CBD est prescrit à titre médical dans de nombreux pays pour ses propriétés anti-inflammatoires, antidouleur et analgésique, antidépresseurs et anxiolytiques, anti-épileptiques ou contre les insomnies, les nausées ou les vomissements.

Le CBD peut venir à la fois du cannabis (plantes dont le taux de THC est supérieur à 0,2% de THC pour la France, parfois appelé chanvre indien) ou du chanvre (Cannabis Sativa L.). Selon les législations, seul le CBD issu du chanvre est légal, n’étant pas classé comme stupéfiant comme la cocaïne ou la morphine, bien que les différentes dépénalisations et légalisations du cannabis récréatif aient accéléré sa disponibilité.

L’usage du CBD a récemment été reconnu sûr, sans effets nocifs et n’entraînant pas d’addiction ou d’accoutumance par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L’arrêt de sa consommation ne provoque ainsi pas de syndrome de sevrage ou d’hallucinations. Le CBD est psychoactif mais n’induit pas d’effet psychotrope. Son utilisation en parallèle de certains médicaments doit se faire avec précaution. Tout usage médicinal doit d’ailleurs se faire sous le contrôle d’un médecin.

Tout savoir sur le cannabidiol (CBD)

Le phytocannabinoïde cannabidiol (CBD) est une molécule non-psychotrope résultant de la décarboxylation de l’acide cannabidiolique (CBDA), son précurseur naturel et l’un des 114 cannabinoïdes uniques contenus dans le cannabis.

Dans la plupart des variétés de cannabis, le CBD est peu présent. Certaines variétés récemment découvertes sont toutefois très chargées en CBD et peu en THC. Des dizaines de variétés riches en CBD sont ainsi apparues, d’abord aux États-Unis. La plus connue aujourd’hui est probablement la Charlotte’s Web qui a été créée pour Charlotte Figi, une jeune fille épileptique. L’huile de CBD de Charlotte’s Web a dramatiquement réduit ses crises d’épilepsie qui ne diminuaient pas avec les traitements traditionnels et lui a permis de reprendre une vie la plus normale possible.

L’histoire du CBD

Le CBD a été découvert pour la première fois en 1940 par Roger Adams, chimiste à l’Université de l’Illinois. Peu de temps après, d’autres scientifiques ont commencé à tester des cannabinoïdes isolés sur des animaux de laboratoire. Walter S. Loewe a notamment mené des essais sur des souris et des lapins avec les cannabinoïdes THC, CBD et CBN. Il a constaté que le CBD ne produisait aucun effet observable sur le comportement des animaux alors que le THC provoquait, ce qu’il appelait, une «action excitante centrale» chez le lapin. Malgré l’avancée de la science, les scientifiques n’étaient absolument pas conscients de la structure chimique des cannabinoïdes, de sorte que personne ne pouvait dire quel composé spécifique produisait quel effet.

Dr. Raphael Mechoulam

L’étude du cannabis a fait un bond en avant en 1963 lorsque le scientifique israélien Raphael Mechoulam a identifié la structure du cannabidiol puis en 1964 du delta-9-tétrahydrocannabinol, ou THC. Cette découverte lui vaut encore aujourd’hui le statut de parrain du cannabis. Cette découverte particulière a permis à la science de comprendre la nature du THC en tant que composé psychoactif dans le cannabis, ainsi que les avantages non-psychotropes et thérapeutiques du CBD.

En février 1980, le Dr Mechoulam s’est associé à des chercheurs sud-américains pour publier une étude sur le cannabis et l’épilepsie. Cette étude est considérée comme l’une des premières études en double-aveugle sur le CBD chez l’homme. L’étude menée par le Dr Mechoulam et son équipe comprenait 16 personnes, dont beaucoup d’enfants, qui souffraient toutes d’épilepsie grave. Les résultats furent surprenants: chaque sujet ayant reçu du CBD a présenté une amélioration de son état avec peu ou pas d’effets secondaires. Depuis lors, cette étude anticonvulsive s’est révélée être une étape essentielle dans le monde de la recherche clinique sur le cannabis, même si elle est passée en grande partie inaperçue à l’époque.

Comment fonctionne le CBD

L’action du CBD dans le cerveau et le corps est assez complexe. À ce jour, les scientifiques ont découvert plus d’une douzaine de mécanismes d’action différents. Il est très probable que les effets du CBD résultent d’une multitude de voies activées et pas d’une seule en particulier. Même si le CBD a été synthétisé pour la première fois en 1963 par Raphaël Mechoulam et largement étudié depuis, davantage de recherches seront nécessaires pour comprendre pleinement les mécanismes par lesquels le CBD soulage des affections telles que l’anxiété et les convulsions.

Le CBD interagit principalement avec le système cannabinoïde endogène, un ensemble de récepteurs présents dans tout le corps, et en particulier dans le cerveau et sur le système nerveux central. Le CBD se lie ainsi aux récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2, tout comme le THC, mais avec des effets totalement opposés.

Le CBD est ainsi un agoniste inverse du THC sur le récepteur CB1. De manière empirique, cela se traduit par une différence simple : le CBD ne défonce pas et vient même lisser les effets du THC. Notre corps possède également d’autres récepteur qui participent au système cannabinoïde endogène comme les GPR3, GPR6, TRPV1 ou TRPV2. Le CBD vient aussi se lier à tous ces éléments, et bon nombre de ses effets anti-inflammatoires et analgésiques interviennent par ces voies d’entrée.

Le CBD a d’autres effets hors du système endocannabinoïde (ECS). Par exemple, le CBD active légèrement l’un des récepteurs de la sérotonine prédominants dans le cerveau (5-HT1A), ce qui peut expliquer les effets du CBD sur la dépression et l’anxiété. Il agit également sur les récepteurs activés par les proliférateurs de peroxysomes (PPAR), qui stoppent la prolifération des cellules cancéreuses et véhiculent la neuroprotection et la cardioprotection. En interagissant avec un PPAR (gamma) particulier, le CBD pourrait s’avérer être un nouveau moyen prometteur de prévenir la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles du cerveau.

Le CBD a également des effets puissants sur le foie et peut entraîner une concentration beaucoup plus élevée de médicaments dans la circulation sanguine.C’est aussi pourquoi il est important de discuter de vos usages thérapeutique avec un médecin ou un pharmacien avant de consommer du CBD si vous prenez déjà des médicaments.

La relation entre THC et CBD

La relation entre le THC et le CBD est complexe. En résumé, le CBD semble amenuiser certains des effets indésirables du THC, tels que la tachycardie, la paranoïa ou l’altération de la pensée. Comparée au THC isolé ou à ses cousins ​​synthétiques tels que le Marinol, la combinaison de THC et de CBD (et plus encore avec les terpènes et autres flavonoïdes) a une valeur thérapeutique bien supérieure pour les patients souffrants . Ce phénomène de molécules qui dérivent du cannabis et qui fonctionnent mieux ensemble qu’isolés est communément appelé effet d’entourage.

Du CBD isolé ou en plante entière ?

En 2015, l’Université hébraïque d’Israël a publié une étude documentant les effets d’un extrait de CBD isolé par rapport à ceux d’un extrait de plante entière riche en CBD. L’extrait de cannabis riche en CBD était thérapeutiquement supérieur à l’extrait à base de CBD isolé. Les scientifiques à l’origine de cette étude ont également remarqué que la réponse du corps humain était très faible lorsque le CBD isolé était utilisé à des doses très faibles ou très fortes.

L’étude israélienne de 2015 a également documenté les effets synergiques des profils de cannabinoïdes de plantes entières, reprenant ici l’effet d’entourage, avec une différence principale, à savoir la mise en lumière de la plus grande efficacité du CBD issu d’une plante entière versus le CBD isolé.

Du CBD de chanvre ou de cannabis ?

Bien que le chanvre et le cannabis soient tous deux la même plante, on les distingue généralement par leur taux de THC :  le chanvre produit jusqu’à 0,2% de THC pour la France, tandis que le cannabis se définit au-delà de 0,2% de THC et est considéré comme une drogue au même titre que l’héroïne ou la cocaïne.

Vaut-il alors mieux du CBD issu du chanvre ou du cannabis ? Légalement, la seule possibilité en France vient du chanvre. Mais la science nous dit le contraire (et une fois extrait, du CBD reste de toute façon du CBD, d’où qu’il vienne).

Le chanvre industriel contient beaucoup moins de CBD que les variétés de cannabis riches en CBD telles que la Cannatonic, la Sour Tsunami ou la Harlequin. Produire une seule dose de 10 ml de CBD nécessite la culture et l’extraction de beaucoup plus de chanvre que de cannabis, augmentant ainsi le risque d’exposer les utilisateurs à des contaminants. Le chanvre est en effet considéré comme un «bioaccumulateurs», une plante qui absorbe naturellement les substances toxiques du sol. Extrêmement efficace pour dépolluer les sols. Moins pour prendre soin de la santé des consommateurs.

En outre, le CBD dérivé du chanvre industriel ne présente pas le profil incroyablement diversifié des différents cannabinoïdes et terpènes présents dans le cannabis. Le CBD dérivé du chanvre a ainsi un effet d’entourage nettement plus faible.

Usages médicaux du CBD

Les usagers classiques de CBD rapportent toute une variété de raisons de santé ou simplement de confort pour leur utilisation du CBD. Sur la base de ces témoignages, davantage de recherches seront nécessaires pour déterminer quels symptômes et quels maux sont les mieux traités avec du CBD.

De nombreux essais cliniques sont d’ailleurs déjà en cours à cet effet et s’intéressent à l’efficacité du CBD en addictologie (diminution de la consommation d’alcool, d’amphétamines d’opiacés ou de cocaïne), pour les patients souffrant de douleurs chroniques, les syndromes de stress post-traumatiques, la dépression, la schizophrénie, les troubles neurologiques ou sur les cellules cancéreuses.

Le CBD étant très sûr et non-addictif, même les enfants peuvent tolérer une dose de 20mg par kilo de corps. Les effets secondaires les plus courants avec ces doses sont la somnolence ou les vertiges.

Mais encore une fois, le CBD n’est pas hallucinogène, n’entraîne ni psychose, ni intoxication. Et des recherches ont déjà été menées pour étudier les pathologies suivantes et l’utilité thérapeutique du CBD :

  • Anti-inflammatoire / Réduction de la douleur : le CBD empêche l’absorption par le corps d’un composé anti-douleur connu sous le nom d’anandamide, un des cannabinoïdes naturellement produire par notre corps. L’inhibition de l’absorption de l’anandamide dérive les quantités en excès dans le système sanguin ce qui réduit en retour la douleur. Pour les inflammations, les études chez l’animal et chez l’homme ont montré toute une gamme de propriétés anti-inflammatoires.
  • Epilepsie : Le CBD est un anticonvulsif notoire. L’Epidiolex, de l’huile de chanvre CBD, a notamment été autorisé pour un usage médical aux Etats-Unis et est disponible en ATU en France.
  • Traitement contre l’addiction : que ce soit contre l’alcool, la cigarette ou d’autres drogues dures illégales, le CBD a montré à plusieurs reprises sa capacité à sortir d’un schéma addictif. Une des raisons pour lesquelles le CBD peut être efficace comme traitement contre les troubles de l’addiction est sa capacité à calmer l’anxiété chez les malades qui tentent de sortir de drogues comme l’héroïne.
  • Autres pathologies : À des doses suffisantes (400 à 600 mg), le CBD peut atténuer l’anxiété liée à des situations spécifiques comme la prise de parole en public, la dépression ou la maladie de Crohn en traitement quotidien…

Les différents types de produits au CBD

Il existe aujourd’hui autant de produits au CBD que de produits au THC, peut-être même plus. Le CBD est ainsi intégré aujourd’hui dans toute une variété de produits et peut être consommé sous toutes les formes.

  • Fleur : Comme nous vous l’avons expliqué précédemment, les variétés de cannabis riches en CBD se trouvent désormais dans le monde entier après l’intérêt accru envers ces plantes dans les années 2000. Les fleurs de cannabis CBD, consommées en vaporisation ou en combustion, permettent aux consommateurs de ressentir presque immédiatement les effets du CBD. A partir des fleurs CBD, certains haschich CBD sont également réalisés.
  • Isolat : L’isolat de CBD est du cannabidiol dans sa forme la plus pure : une fine poudre blanche. Cette forme de CBD parfois appelée cristaux de CBD, est très distincte des autres et permet aux utilisateurs de mesurer exactement la quantité de CBD qu’ils consomment.
  • Concentrés : Le CBD peut également être acheté sous forme de concentrés : huile de CBD, stylos vaporisateurs, cartouches, seringues, capsules et d’autres. Les concentrés comblent l’écart entre la fleur de CBD et l’isolat de CBD. Leur pureté varie et ils sont souvent associés à d’autres cannabinoïdes, dont le THC lorsqu’il est légal, dans des dosages spécifiques pour utiliser «l’effet d’entourage».
  • CBD infusé : La grande variété de forme du CBD a amené toutes sortes de produits “classiques” infusés au CBD : des aliments, des huiles moins dosées, des cosmétiques…  Comme les concentrés, chaque produit infusé présente des dosages spécifiques en CBD, avec d’autres cannabinoïdes ou non, permettant aux utilisateurs de choisir des produits qui répondent exactement à leurs besoins. Les cosmétiques infusés au CBD par exemple sont très efficaces lorsqu’ils sont appliqués directement à l’endroit ciblé pour viser des contusions, des céphalées (maux de tête) ou des douleurs articulaires. Le CBD est également utilisé pour apaiser les problèmes cutanés comme l’eczéma et le prurit.
  • Médicaments : Lorsque son usage médical est légal, le CBD peut être prescrit sous différentes formes. Huiles (Epidiolex), spray (Sativex, composé d’un ratio 1:1 de THC:CBD, médicament prescrit pour apaiser la spasticité de la sclérose en plaque) ou directement en fleurs. Vous trouverez plus d’infos sur son usage médical ci-dessous.

Légalité du CBD

Comme tous les extraits du chanvre, le CBD n’échappe pas à une législation complexe, dépendante pour la France à la fois de la loi nationale, de la loi européenne et des caprices de certaines institutions.

Statut légal du CBD en France

En France, le CBD n’est pas classé sur la liste des stupéfiants. Son utilisation est donc légale, pour peu qu’elle ne fasse pas objet d’allégations thérapeutiques lors de sa vente. Toutefois deux interprétations du droit s’affrontent :

  • La plus restrictive est celle de la Mission d’Informations et de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives (MILDECA). Pour que le CBD puisse légalement être utilisé, il doit provenir des graines et/ou de la tige d’une plante de chanvre à maximum 0,2% de THC et inscrite au catalogue européen des variétés autorisées. Egalement, le produit fini ne doit contenir aucune trace de THC. Cette interprétation n’est ni basée juridiquement ni scientifiquement
  • La plus ouverte se base davantage sur la législation européenne : le CBD peut provenir de la fleur de chanvre d’une variété légale. Le produit fini doit contenir au plus 0,2% de THC.

Qui a raison ? Il semblerait que les autorités françaises se basent jusqu’ici sur l’interprétation de la MILDECA, même si les nombreux procès intentés aux commerçants qui se basaient sur la loi européenne mettent en doute la MILDECA et donnent raison aux commerçants.

Les propriétés thérapeutiques du CBD ne peuvent également pas servir d’argument pour la vente de produits au CBD qui ne seraient pas des médicaments. Un commerçant aura toutefois le droit de dire que le CBD peut servir de produit de substitution, par exemple pour arrêter de fumer avec un e-liquide au CBD ou pour soulager des douleurs (mais pas les traiter !).

Statut du CBD en Europe

La France étant un des derniers pays européens où le cannabis n’est pas au moins dépénalisé, nos voisins européens ne nous ont pas attendus pour autoriser le commerce du CBD, en produits dérivés et sous sa forme brute, les fleurs CBD. Néanmoins, certains pays européens comme l’Autriche restreignent la vente de produits infusés au CBD ou seulement des produits alimentaires avec du CBD. Ces pays permettent néanmoins largement la vente de produits issus du cannabis et les sites Internet ne manquent pas pour approvisionner les clients.