La culture et l’extraction du CBD

Le cannabidiol plus communément appelé CBD est un des composés de la plante de chanvre à l’instar du tétrahydrocannabinol (THC). Ce dernier étant répertorié comme une substance illicite au vu de ses effets psychotropes (modification du comportement et hallucinations), toute transaction autour du cannabis est strictement interdite.

Le CBD jouit d’un flou juridique accompagné d’une dérogation relation qui permet son utilisation. De ce fait, de nombreuses études et essais cliniques ont permis de démontrer les effets bénéfiques que le CBD pourrait avoir sur des patients atteints de pathologies chroniques. Les vertus thérapeutiques du Cannabis Sativa sont connues depuis la nuit des temps mais la légalisation du cannabis n’est pas autorisée en France, au contraire de certains pays à travers le monde (quelques Etats Américains et le Canada par exemple).

La consommation de CBD est toutefois légale en France, le CBD n’étant pas classé comme un stupéfiant.

La ministre de la santé a donc enclenché le processus de recherches en collaboration avec les différentes autorités nationales traitant de ce sujet : MILDECA et Agence Nationale de Sécurité du Médicament. Ces derniers fixent les autorisations et règles concernant l’usage médical du cannabidiol. En effet, si le CBD se décline sous plusieurs formes, par exemple de médicament – le Sativex -, le CBD est surtout utilisé sous forme de compléments alimentaires (huile de chanvre, produits cosmétiques, graines de chanvre ou chènevis, e-liquide pour cigarette électronique…).

Ces derniers sont donc le fruit d’une culture et d’une extraction propre à cette espèce végétale et dont les pratiques peuvent varier selon les cultivateurs. De plus, certains laboratoires se sont mis à reproduire des molécules de CBD à base de produits similaire afin d’optimiser la production de ce dernier (moins coûteux et possibilité de produire en masse).

La culture du CBD

Si de nombreuses personnes font la différence entre le chanvre agricole et le chanvre indien, il n’en est guère. En effet, il s’agit botaniquement de la même plante. Leur mode de culture change et c’est de là d’où vient la différence ainsi que les variétés utilisées. La culture de chanvre CBD est donc autorisée si elle se fait parmi les variétés de chanvre légales en France.

Le chanvre est une plante dioïque, elle se compose donc de plants mâles et femelles, les premiers pollinisent les secondes afin que celles-ci portent les graines de chanvre. Si la plante ne se féconde pas suite à ce processus de pollinisation, les fleurs font leur apparition et ces dernières peuvent être utilisées au moment de l’extraction du CBD.

Il existe aussi des plantes monoïques, c’est-à-dire qu’elles contiennent les fleurs mâles et femelles sur la même tige qui se développe en suivant une méthode dite « autofloraison ».

Concernant les caractéristiques de la culture, le chanvre indien se cultive sur des sols mi-lourds bien irrigués dépourvus de stagnation d’eau ou de tassement. Le pH optimal se trouve dans la fourchette comprise entre 6 et 7,5 mais il n’existe pas de caractéristiques ou d’exigences particulières concernant sa culture. Il s’agit d’une plante qui se développe de façon optimale dans une culture biologique en plein air.

Cependant, il existe aussi des cultures indoor où les cultivateurs souhaitent contrôler l’intégralité des paramètres atmosphériques de la production. De ce fait, la culture peut se passer sous serre ou dans des outils de production en dur afin de mieux contrôler la température, l’ensoleillement (grâce à des lampes) et l’irrigation. Il s’agit d’un moyen plus coûteux mais plus sur concernant des exploitations pouvant faire plusieurs hectares de superficie.

De plus, il faut respecter un intervalle d’une durée spéciale entre deux floraisons afin de laisser la terre se reposer. L’engrais n’est pas non plus le bienvenu dans les productions de plants de chanvre puisqu’il nuit au bon développement de la plante.

La culture indoor est de ce fait la plus efficiente puisqu’elle permet de contrôler tous les paramètres qui entrent en jeu dans la production et la floraison de cette matière végétale et de ses semences.

L’extraction du CBD

Le marché du CBD étant en forte expansion ces dernières années et plus particulièrement ces derniers mois suite à l’accélération du marché du cannabis thérapeutique dans le monde mais aussi en France, les méthodes d’extraction des cannabinoïdes ou des terpènes se développent. L’extraction de CBD ne nécessite pas d’autorisation spéciale à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Différents modes d’extraction sont possibles de nos jours et dépendent de l’aspect recherché et de sa qualité et ces méthodes sont plus ou moins coûteuses et nous allons vous en présenter quelques-unes :

  • Extraction à l’huile de qualité alimentaire : l’huile de CBD est un des produits les plus commercialisés sur ce marché et son extraction est possible à l’aide d’huile végétale naturelle. L’huile est par définition une matière grasse qui servira de matière efficace pour extraire de la résine par exemple et l’huile obtenue pourra servir directement au consommateur par voie orale. Les différentes huiles que nous pouvons trouver dans les supermarchés peuvent être utilisées ainsi que l’huile de chanvre apportant des caractéristiques « bio » et non nocif pour le consommateur. Cependant, tous les aliments végétaux ont une date de péremption. De ce fait, les extractions de CBD à base d’huile végétale ont une durée de vie limitée.
  • Extraction au CO2 : l’extraction au CO2 a été développé grâce à l’utilisation de centrales d’air permettant la régulation des températures et de la pression pour extraire et isoler les cannabinoïdes. Cette technique d’extraction est la plus couteuse sur le marché et requiert des qualifications pour en faire l’usage. De ce fait, il s’agit de la manière la plus propre et la plus scientifiquement contrôlée pour extraire du CBD à partir des fleurs, des graines ou de la tige. Les produits extraits au CO2 sont de nature très concentrés puisque cette méthode optimise l’extraction. Il faudra cependant faire attention à la température utilisée puisque celle-ci peut endommager ou détruire le contenu en terpènes, ce qui diminue les vertus thérapeutiques du cannabis.
  • Extraction avec gaz industriels ou solvants liquides : cette méthode d’extraction est la moins coûteuse (puisqu’elle ne nécessite pas d’équipements spécifiques) et donc utilisée dans la plupart des cas dans un but de maximiser le rendement financier d’une entreprise. Cependant, les solvants ou les gaz utilisés sont très inflammables (des laboratoires en ont fait les frais) et la présence d’éléments chimiques est nocive pour la santé du consommateur puisqu’il est impossible d’éliminer leur trace dans les produits contenant du CBD obtenus. De ce fait, cette méthode, étant très efficace concernant le rendement, est inadaptée à des fins médicales.

Les différentes méthodes d’extraction du CBD utilisent des moyens et des produits différents selon la bienveillance et les capacités financières des producteurs. De ce fait, il faut être vigilant concernant la provenance des produits contenant du CBD. De plus, la méthode par extracteurs (extracteur d’air) a fait son apparition ces dernières années. Ces derniers utilisent un système de vapeur d’eau afin d’extraire directement le CBD de la plante. Cette technique se rapproche de la méthode d’extraction au CO2 qui nécessite des immobilisations corporelles de haute technologie.

Les législations et autorités publiques tentent de contrôler la production et l’extraction de cette substance au vu de l’explosion du marché du CBD partout dans le monde.

Un point sur la législation

Etant un extrait végétal, le CBD est un des cannabinoïdes autorisés dans la plupart des pays du monde. Les vertus thérapeutiques du CBD ont fait l’objet de nombreuses recherches américaines prouvant les bienfaits qu’il pourrait avoir sur certaines maladies. Même s’il ne s’agit que d’un traitement alternatif dédié à pallier les effets secondaires de certains traitements principaux lourds pour les organismes, la législation en France a voulu être claire concernant sa production et son extraction en fixant un cadre législatif en accord avec l’agence du médicament. Ils y ont posé certaines règles concernant les variétés, les teneurs en substance ou encore l’utilisation de la plante. Les voici :

  • Les producteurs de plants de chanvre ne pourront cultiver que certaines variétés autorisées par la législation française. Il en existe 21 et celles si sont répertoriées sur un arrêté ministérielle.
  • La teneur en THC que contient un plant ne pourra pas dépasser 0,2%. En effet un cultivateur n’a pas le droit de produire des plants de chanvre contenant une teneur plus élevée. Le THC étant répertorié comme une substance illicite, elle n’est pas autorisée en grande quantité. De plus, la teneur en THC d’un produit fini devra être nulle : aucun produit fini ne doit contenir la moindre trace de THC ou de substance inscrite sur le registre des drogues.
  • L’utilisation industrielle et commerciale de la sommité fleurie (fleur est strictement interdite en France. Les producteurs ne doivent extraire du CBD seulement par la tige (fibres) ou par les graines de chanvre.

Ce qu’il faut en retenir

Les principes actifs des substances contenues dans la plante de cannabis font l’objet d’études et de recherche afin d’en optimiser l’usage et la consommation à des fins médicinales. Cependant, il n’est pas encore autorisé de produire ou d’extraire le CBD librement de ces plantes aromatiques aux qualités indéniables.

Premièrement, le chanvre indien est une espèce végétale qui nécessite un environnement propre à lui afin de se développer et d’en tirer les bienfaits escomptés. De plus, de nombreuses recherches sont toujours en cours afin d’optimiser l’outil de production même si des laboratoires ont réussi à concevoir de CBD à partir de molécules mères. Enfin, chaque législation à un œil sur la culture de cannabis puisque les dérives sont possibles et fréquentes dans un contexte ou la prohibition est reine.