Le CBD est-il autorisé à la consommation en France ?

Le cannabidiol, plus connu sous le nom de CBD est un des nombreux cannabinoïdes présents dans le Cannabis Sativa. Il est sujet à de nombreuses études à l’heure actuelle du fait de ses propriétés particulières. En effet, le CBD aurait des vertus thérapeutiques certaines au même titre que le cannabis contenant du tétrahydrocannabinol (THC). Ce dernier n’est pas autorisé en France puisqu’il présente des effets psychotropes entraînant une modification du comportement ou des hallucinations chez le consommateur. Le THC est une drogue douce illicite en France au même titre que les autres stupéfiants dits « drogues dures » tels que l’héroïne ou la cocaïne.

Si la légalisation du cannabis n’est pas actée malgré de nouvelles études et rapports ces derniers mois, le CBD fait l’objet d’essais cliniques sur certains patients atteints de pathologies diverses.

Les autorités françaises dont le ministère de la Santé ou l’agence nationale du médicament font partie sont enclin à réfléchir concernant l’utilité et la légalisation totale du CBD. Cependant, ce n’est pas encore le cas et certaines réglementations sont en place afin de contrôler sa production et sa consommation. Il s’agit d’un sujet de santé publique où la précipitation serait une erreur.

Cependant, de nombreux producteurs et agriculteurs ont mis en place des outils de production permettant la culture de chanvre. De plus, certains laboratoires ont commencé à produire du CBD synthétique à partir de molécules identiques. Cette pratique permet une production moins coûteuse en masse.

La consommation de CBD en France est régie par la législation française puisqu’aucune organisation mondiale ou européenne n’est en charge d’établir les lois sur le cannabis. De ce fait, en accord avec l’agence du médicament, elles fixent les règles et autorisent les usages de cette forme de cannabis médical sous forme d’autorisation temporaire.

La législation sur la production

Si la réglementation concernant le CBD était plus stricte auparavant, elle a subit un assouplissement. En effet, le CBD fait l’objet d’une dérogation relative afin de pouvoir le produire et même de le consommer librement en France. Le ministère de la santé précise que le caractère légal concernant le CBD ne vient pas du fait que celui-ci soit réellement autorisé en France, il n’est simplement pas interdit.

La production de CBD jouit d’un flou juridique et la législation ne fixe que certaines règles donc les cultivateurs peuvent détourner plus ou moins facilement. En effet, la ministre de la Santé fixe 3 règles essentielles à la production de CBD et une seule concernant sa consommation. Les voici :

  • Les plants de chanvre autorisés à la production sont inscrits sur une liste établie par l’autorité publique (ministère de la Santé). De ce fait, un producteur ne pourra semer que l’une de ces variétés dans ces champs et l’utilisation d’autres plantes que celles inscrites sur la liste est strictement interdite.
  • L’utilisation commerciale et industrielle de la fleur de chanvre (sommité fleurie) est formellement interdite. En effet, les producteurs peuvent extraire du CBD seulement de la tige (fibres) ou des graines de chanvre autrement appelé chènevis. Cependant, la concentration maximale de CBD se trouve dans la fleur, ce qui pousse certains producteurs à s’expatrier puisqu’en Suisse, par exemple, un producteur a le droit d’utiliser l’intégralité de la plante ce qui permet d’optimiser la production.
  • La teneur en THC des 21 variétés ne doit pas dépasser 0,2%. En effet, une plante ne peut pas contenir plus de 0,2% de cette substance illégale psychotropes sous peine de poursuites judiciaires (interpellations, amendes, contravention…). Cela ne s’applique pas pour les produits finis. Ces derniers ne doivent en aucun cas contenir du THC, ils doivent en être dépourvus. De plus, les taux applicables en France ne sont pas les mêmes partout. En Suisse, par exemple, la teneur des plants de chanvre en THC ne doit pas dépasser 1%, laissant le champ d’action un peu plus libre pour les cultivateurs.

De ce fait, les différents producteurs sont en collaboration avec les forces de l’ordre de leur ville ou département afin de permettre un contrôle plus sain concernant la production. Cependant, il existe néanmoins des dérives et certains producteurs prennent des risques en incorporant des substances alternatives au CBD initialement extrait.

La consommation de cannabidiol

Ces plantations sont à la base de la chaîne du cannabis thérapeutique. En effet, les producteurs vont extraire la molécule afin de la vendre à des grossistes ou bien même de confectionner des produits finis eux-mêmes.

Il existe une multitude de produits autorisés contenant du CBD en France et ces derniers sont inscrits dans le Code de la Santé Publique puisqu’il s’agit de compléments alimentaires pour la plupart d’entre eux. De ce fait, ils doivent répondre aux exigences du code dans un but de réduction des risques.

La forme la plus répandue de CBD se trouve sous forme d’e-liquide à consommer via une cigarette électronique. En effet, dans un contexte où le tabac est de plus en plus taxé, les consommateurs réguliers cherchent à réduire leur consommation personnelle. De ce fait, ils font l’achat de cigarettes électroniques permettant de consommer des e-liquides. Ces derniers se retrouvent donc dans les différents points de vente et peuvent contenir du CBD.

L’huile de chanvre est une forme de produit développée en France et se trouve sous forme de flacons contenant le liquide. Ce dernier permet une voie d’administration orale simple et efficace.

De plus, il existe de nombreuses déclinaisons de produits finis contenant du CBD comme les aliments, les fleurs de chanvre et la résine de cannabis (aussi appelé haschisch) à fumer ou encore des huiles de CBD et des teintures de chanvre à administrer par voie orale ou sublinguale.

Enfin, il existe un médicament autorisé en France contenant des cannabinoïdes. Il s’agit du Sativex (sclérose et sclérose en plaques) et se décline sous la forme d’un spray buccale. C’est le seul médicament autorisé à la prescription par les professionnels de santé et les autorisations temporaires d’utilisation sont données par l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Il s’agit du seul médicament autorisé en France ; les autres produits contenant du CBD ne faisant pas partie des produits de santé mais plutôt de compléments alimentaires.

 Les vertus thérapeutiques du CBD

La molécule CBD n’est pas un miracle. En effet, il s’agit d’un traitement alternatif dont de nombreuses personnes aimeraient bénéficier plus facilement et de manière légale. Cependant, le blocage est tel qu’il faudrait déterminer et contrôler son usage ainsi que ses dérives en suivant une approche médicale. Son profil à risque étant très faible, nombreux patients utilisent déjà le CBD pour ses vertus thérapeutiques en tant que traitement d’appoint à leurs traitements existants.

De nombreuses études et des essais cliniques ont permis de démontrer les effets du CBD sur certains patients atteints de douleur chronique. Le CBD utilisé à des fins thérapeutiques est autorisé en France sous les formes précédemment évoquées. Si son usage médical se traduit seulement par la consommation d’un seul médicament sur le marché, le CBD à usage thérapeutique n’entraîne pas d’effets indésirables et sa consommation est tout à fait légale en France.

De ce fait, de nombreuses personnes souffrant de pathologies graves font l’usage de traitements alternatifs afin de pallier les effets secondaires indésirables pouvant être très handicapants concernant certains processus médicaux lourds. Le corps humain est doté d’un système endocannabinoïde (SEC) permettant de stimuler les récepteurs CB1 et CB2. De ce fait, le CBD permettrait de soulager des douleurs chroniques, l’anxiété et la dépression, l’inflammation et bien d’autres pathologies. Certaines études américaines et les retours d’essais cliniques ont permis d’avancer que le CBD était bénéfique sur les pathologies suivantes :

  • Maladie de la peau : acné, dermatite, psoriasis
  • Maladies auto-immunes : inflammation, polyarthrite
  • Troubles neurologiques : la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, sclérose et scléroses en plaques, certaines lésions cérébrales…
  • Troubles intestinaux : maladie de Crohn
  • Maladies neuropsychiatriques : alcoolisme, autisme

De plus, le CBD est sujet à des recherches concernant des traitements alternatifs à la chimiothérapie. En effet, cette dernière fait subir aux malades des effets secondaires lourds et les personnes qui luttant contre le cancer permettrait de mieux réagir à ce type de traitements.

De ce fait, le marché du cannabis et plus particulièrement sa production afin d’en extraire du CBD s’agrandit  de jour en jour. La plante de cannabis fait donc l’objet de recherches poussées et des études cliniques sont là pour le soutenir. Le problème à l’heure actuelle est le cadre réglementaire puisque ni la dépénalisation ni la légalisation ne sont autorisées.

Si sa production jouit d’un flou juridique, la consommation médicinale de CBD quant à elle est réglementée par la législation française ainsi que par l’agence du médicament qui en donne l’autorisation. Cependant, si les traitements contenant du CBD font l’objet d’un processus administratif complexe, il est très simple de trouver du CBD en vente en France. De plus, son usage récréatif n’apporte que peu de satisfaction à celui qui le consomme dans ce but puisqu’il n’entraîne aucun effet psychotrope chez un individu. Le seul effet secondaire pouvant apparaître en cas de surdosage ou de surconsommation est une somnolence aiguë.